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 Cap sur le Pays Grand’Combien : c’est la sortie patrimoine que le CER Benjamin Bardy a proposée à ses adhérents et amis, ce 24 septembre.

Cette journée a permis par une approche à la fois culturelle et conviviale de mieux appréhender ces divers patrimoines, témoins pour les uns d’une ère géologique bien lointaine à l’échelle humaine, pour les autres d’un passé historique et d’une épopée industrielle récente. Mais ce fut aussi la rencontre de passionnés qui veulent, envers et contre tout, les maintenir vivants !

Portes 53

 

 


Tout d’abord, découverte de la Maison du Mineur à La Grand’Combe. Elle retrace non seulement l’histoire de ce bassin minier cévenol mais aussi et surtout le quotidien des « gueules noires ». Rien n’est factice. Tout est d’époque : douches, paniers numérotés et pendus au plafond, outils indispensables (lampes de sûreté, pics)… Cette salle dite " le Lavabo" où l'on comptait 1800 paniers et 180 douches, est maintenant une salle de collections diverses (photos, matériels du fond, briquettes et boulets de charbon...) ; elle propose  même la reconstitution de l'habitat du mineur au début du XX° et l'enseigne de l'agence commerciale de la Cie des Mines de La Grand'Combe des années 1920.

Puis, à l’extérieur, le carreau du Puits Ricard - construit entre 1932 et 1935 - dévoile ses différentes installations : Salle des machines, bâtiment de la Recette, ateliers spécialisés... Là, se dresse, majestueux et imposant, "le Chevalement" qui permettait la descente des cages jusqu’à 801 mètres. Unique en Europe, classé Monument historique, il fut restauré en 2010.

Patrimoine exceptionnel et inédit faisant revivre le passé - pas si lointain que  cela- de ces  bassins houillers qui ont produit, pour les plus riches, jusqu'à 5,8 millions de tonnes de charbon.  Mines de Rochebelle (3200 ouvriers en 1950), Puits Laval et Oules(1 et 2, arrêtés en 1985),  Puits Ricard, site Destival-Fontanes autant de noms chers  aux mémoires grand'combiennes...

 

 


Vient ensuite la découverte « du Vaisseau des Cévennes », le château de Portes ! Sur le chemin dit « de Régordane », il défie plus de 10 siècles d’histoire, mariant harmonieusement une forteresse moyennâgeuse  à laquelle s’adosse, semblable à la proue d’un navire de grès doré, un chef- d’œuvre Renaissance ! Il offre ainsi  une vue panoramique imprenable, à 32 mètres de haut, sur les vallées environnantes, du mont Lozère à la plaine alésienne !

Cet éperon ou "Château Neuf" qui forme un angle de 49°, bâti à l'angle sud-est du château médiéval quadrangulaire flanqué de tours carrées, constitue son originalité et lui vaut son surnom. Cette allure tiendrait à la fonction de son propriétaire d'alors Antoine Hercule de Budos, vice-amiral de France en 1613. Sa forme se veut défensive mais elle est symbolique; les "achères" font le tour du château mais ne peuvent recevoir que des armes à feu légères. L'ensemble a cependant résisté aux trois assauts donnés lors des guerres de religion !

Inscrit en 2011 au Patrimoine mondial de l’Humanité, il est, depuis 1971, patiemment restauré par une association de bénévoles afin de lui redonner son lustre d’antan, celui d’avant l’exploitation minière intensive ; celle-ci avait  en effet provoqué  des affaissements de terrains et larges fissures. Plus chanceux que le vieux village de Portes rasé en 1933 pour être rebâti quelques centaines de mètres plus bas, il n'en dépérissait pas moins (lézardes, effondrement des toitures et des étages...). Ces chantiers, de plus en plus techniques, l'ont fait revivre même s'il reste encore beaucoup à faire...Mais "L'Association Renaissance du Château de Portes" pourra-t-elle continuer ce colossal travail de restauration ? Rien n'est moins sûr !


Ce sera enfin la découverte à Champclauson,  en empruntant un fort sympathique petit train rouge, de la forêt fossile.  Site naturel classé, cette forêt pétrifiée (silicifiée) date de l'époque carbonifère durant la période appelée "stéphanien", il y a quelque 300 millions d’années !

Troncs d’arbres fossilisés dont certains en position de vie, disposés sur plusieurs niveaux dans cette falaise, ancienne mine de charbon à ciel ouvert. Ils peuvent atteindre plusieurs mètres de hauteur et plus d'un mètre de diamètre. C'étaient des arbres à port de palmier ou"sigillariacées" et des arbres à port de bambou ou "calamites".

Un petit musée présente de très beaux fossiles (fougères, prêles..) et quelques "spécimens" reconstitués de dinosaures ou autres animaux depuis longtemps disparus.

 

Merci à :

- Gisèle Roche, pour les prises de contact et les recherches préliminaires,

- Nicolas Malaval, pour la documentation fournie aux participants,

- Jacques Brajon, le président du CER, pour le management de la journée.

(Texte :  © Pierrette Oziol, avec pour sources, les dépliants et Internet 

photos :  © Jean-Marc Bonnal  / ©  CER Benjamin Bardy)