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L’école de Jules Ferry à nos jours

A l’initiative du Centre d’Études et de Recherches de Mende, un public nombreux est venu écouter Monique Fraissinet qui a présenté son livre « Le chemin des écoliers ». C’est à partir d’un projet « Mémoires d’hier pour demain » initié par le foyer rural Tarnon Mimente, que madame Fraissinet a choisi d’écrire sur les écoles primaires de Lozère. Après un stage de formation « collectage et réflexivité une expérience ethnographique du proche » elle s’est lancée dans les recherches aux archives départementales, a également collecté les paroles d’instituteurs, institutrices et élèves. Cinq années de travail ont été nécessaires pour rassembler tous les éléments qui font de ce livre un document de notre Histoire et de notre petite histoire.

 

 

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Depuis le ministre Guizot (1832-1837) elle a parcouru toutes les politiques de l’Instruction publique, appuyant particulièrement sur les périodes charnières durant lesquelles Jules Ferry a rendu l’enseignement obligatoire, laïque et gratuit, et celle non moins controversée à partir de 1905, séparant les Églises de l’État. L’ouvrage publié renferme de nombreuses archives sur ces périodes opposant le clergé catholique aux fervents républicains laïques, imagées par des affiches de manifestations organisées par les opposants à l’école laïque.

La parole de celles et ceux qui se sont confiés sur leurs années d’école primaire est riche d’informations. Ils se souviennent, entre autres, des leçons de morale, du certificat d’études, des sanctions et de la visite médicale. Les hussards noirs de la République, comme Charles Péguy qui les avaient nommés, n’ont pas été oubliés, pas plus que les maîtres et maîtresses formés dans les Écoles normales lozériennes. Une carrière valorisante, une ascension sociale parfois troublée par des exactions commises par ceux qui ne voulaient pas de « cette école sans Dieu ».

La conférencière a ensuite développé la période des bâtiments d’école « Jules Ferry », leurs plans de construction identiques et le maillage sur tout le territoire. Pour rejoindre ces écoles les petits élèves marchaient à pied. C’est quelques dizaines de pages du livre qui retracent leurs souvenirs.

Au fil des années, l’école s’est ouverte aux autres avec les causeries dans les écoles, les cours d’adultes le soir, les fêtes des écoles, les classes de découverte.

Durant les deux guerres, les instituteurs et les institutrices ont été un maillon important pour informer l’État de ce qui se passait dans les communes, rapports sur la vie économique, sur les secours qu’ils donnaient aux soldats, aux familles de soldats, sur leur participation à la distribution de denrées nécessaires auprès de la population. De trop nombreux instituteurs lozériens ont payé de leur vie quand d’autres non moins nombreux ont été blessés dans les combats.

Monique Fraissinet nous a fait part des rencontres qu’elle a faites auprès de l’école primaire de Vébron. Les petits élèves ont essayé, non sans mal, d’écrire à la plume, en faisant le trajet de Vébron aux Vanels, comme quand « on allait à l’école à pied ».

 

Pour créer un lien entre l’école d’hier et celle d’aujourd’hui, quelques jeunes ont pris la plume et ont écrit sur leur école primaire d’aujourd’hui ou ont tracé quelques lignes sur l’école du futur. Exercice auquel ils se sont prêtés bien volontiers.

Le président du CER Benjamin Bardy remercie sincèrement Monique Fraissinet pour cette page d’histoire lozérienne et son exposé très documenté et truffé d’anecdotes.