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Le CER Benjamin Bardy a repris, en ce 23 septembre, sa découverte du patrimoine lozèrien et plus particulièrement cévenol... 

 

                                                                 

 





 

                                                              Photo 022              Photo 037            

                                                                                                                                                                

  

 

Destination première : Calberte ! Pas Saint-Germain mais le château d'où le village a tiré son toponyme ! Au détour d'un chemin serpentant entre les châtaigniers, enjambant un gardon asséché, il apparaît sur son piton rocheux, fière et harmonieuse sentinelle.

Appelé aussi dans la tradition locale "château Saint-Pierre" (vocable de sa chapelle), mentionné dès 1092, le château de Calberte tenait, comme bien d'autres en ces temps féodaux, la vallée cévenole qu'il domine; petit en taille mais important dans sa fonction politique et économique; contrôlé tour à tour par l'évêché de Nîmes puis celui de Mende (XII°), il dépendait de la Baronnie de Portes aux mains des d'Anduze puis des Budos. Un dernier texte le mentionne en 1540; dès lors, déserté volontairement avec le village enfermé dans son enceinte pour - hypothèse la plus vraisemblable - des raisons économiques, il subit les outrages des siècles...

Mais 1965 va marquer le début de "la renaissance" de Calberte grâce à la famille Darnas (Daniel, Irène et leurs trois enfants) qui, patiemment, vaillamment, sans subventions publiques, accomplit une restauration de longue haleine : donjon carré 1965-1969, tour ronde 1970-1971, logis rectangulaire 1972-1975, chapelle castrale 1978-1983, les dépendances 1969-1986. Les fouilles archéologiques du village médiéval 1983-2004 viendront compléter ce colossal travail, cette restauration admirable en tous points !

 

En remontant la Vallée Longue, halte vespérale au Skite Sainte Foy, "monastère" dans une ferme fortifiée en pierres de schiste. Cet ancien prieuré du XVI°, patiemment restauré dans la tradition cévenole  se veut lieu de retraite et de prière orthodoxe en célébrant quotidiennement la Liturgie dans la chapelle aux magnifiques fresques, en ravivant le sens du sacré dans le respect de la Tradition. Là vous accueillent Frère Jean moine artiste cuisinier et Frère Joseph moine gestionnaire bâtisseur de murets.

Le Skite Sainte Foy dépend canoniquement de l'archevêché russe en Europe occidentale dans l'obédience du patriarcat oecuménique de Constantinople.

Sainte Foy, vierge et martyre ( vers l'an290 - 6 octobre de l'an 303) " Je m'appelle Foy, et ce nom je le justifie par mes oeuvres."

 

 Crédit photo : CER Benjamin Bardy.

 

On parvient à pied au castrum de Calberte mais l'effort, parfois rude, est récompensé ! D'autant plus récompensé qu'Isabelle Darnas fut notre guide ! Son érudition de médiéviste, sa passion pour ce lieu, ses explications truffées d'anecdotes vécues pendant ces longues années de restauration ont ravi les participants qui la remercient très chaleureusement...

                    

 

 

                                                              Encore un peu d'histoire... Calberte...

     * Ce château, petit par la taille , avait une réelle et importante fonction politique ( il dépendait de la juridiction du château cévenol de Portes) mais aussi économique puisque ses possesseurs - la famille d'Anduze- percevaient des redevances féodales ! Mais elle fut dépossédée de ce bien par le Roi de France au profit de la famille de Beaufort...Mais l'un des descendants redemanda ses droits ; s'en suivit alors une "guerre privée" (moitié du XIV°). Les derniers  propriéraires furent les Budos de Portes.

Même si le dernier texte le mentionnant date de 1540 et donc "abandonné", il fut cependant un refuge- notamment sa tour bien qu'en ruines - pendant la Guerre des Camisards.

Puis plus RIEN jusqu'en 1965...Cette année-là, par un concours de circonstances singulières , il fut offert aux Darnas par son propriétaire M.Salanson, en reconnaissance des bienfaits reçus en prison puis à sa sortie par le père de Daniel Darnas. Un autre histoire commençait !

 

     * Pourquoi fut-il abandonné ? Epidémie ? Invasion ? Probablement pas...En effet, lors des fouilles du village médiéval qui se blotissait à ses pieds, de nombreuses traces d'activités liées aux métaux (productions minières) furent découvertes  et une  absence de mobilier. On peut dès lors et raisonnablement penser que ce sont des raisons économiques qui poussèrent les habitants à le déserter volontairement.

 

     * La chapelle castrale mérite une attention toute particulière. Elle avait une double fonction : militaire ( l'abside permettait la défense du lieu) et religieuse mais sans fonction paroissiale. Elle était "indépendante" avec ses deux sorties : l'une privée et l'autre vers le village.

Construite sur le rocher avec une grande partie "dans le vide", la trappe qui intrigue tant le visiteur témoigne des fouilles archéologiques dirigées par Isabelle Darnas, fouilles qui n'ont révélé qu'un énorme bloc de schiste , quelques vestiges protohistoriques (?) et une absence de tombes. Pour l'anecdote, Irène Darnas, la maman, est persuadée qu'il s'agit d'un menhir au grand dam de sa médiéviste de fille !

Cette chapelle castrale - restée en usage après sa destruction avant d'être abandonnée à son tour-  présente, par contre, une "curiosité" d'importance : l'absence de cul de four  que l'on trouve presque partout ailleurs dans ce type de chapelles.

   La restauration et les fouilles ont fait revivre un ensemble que l'Homme avait condamné et ont permis de compléter une approche très lacunaire livrée par les textes.

                                          " Ce lieu a une âme. Sentez-vous comme on s'y trouve bien ?"

 

POUR ALLER PLUS LOIN

www.cevennes.com/chateaucalberte.htm

"Châteaux médiévaux en Cévennes". Isabelle DARNAS ( Edition 2009)

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www.photo-frerejean.com