Imprimer

Ce mercredi 8 juin 2022, le CER Benjamin Bardy a mis le cap au sud du département pour une visite du village de la Malene, guidée et commentée par Phillippe Chambon, historien lozérien, et Éric Persegol, habitant de La Malene.
Une bonne vingtaine de personnes ont fait le déplacement principalement de Mende, malgré le temps menaçant.

Le village de la Malene se trouve au beau milieu des célèbres Gorges du Tarn dans une des parties les plus encaissées du canyon. Contrairement à ce que sa situation pourrait laisser penser ce village est depuis des temps immémoriaux un lieu de passage. Le village de la Malene se trouve en effet sur la draille du Calcadis, une des cinq grandes du Languedoc.
Le village aujourd'hui vit essentiellement du tourisme. Le manoir de Montesquieu trône lui au beau milieu du village, il est construit au XVè siècle, il est plus une demeure bourgeoise qu'un château défensif.
M. Chambon nous fait découvrir une des portes d'accès a la propriété du château récemment restauré, on comprend alors que le domaine seigneurial occupait tout le bas du village actuel jusqu' au Tarn.
L'ancienne rue principale du village, la rue du Barry, fait exactement le tour du mur d'enceinte du château. De belles maisons restaurées avec soins se succèdent tout au long de la rue. Les maisons sont blotties sous une énorme falaise calcaire : le " roc de la Barre ". Au-dessus de cette falaise, pendant 4 ans, des fouilles archéologiques ont été menées sous la direction de Laurent Schneider (CNRS), ce qui a permis de mettre au jour un ensemble fortifié par un mur d'enceinte coiffée d'une tour sommitale, cet ensemble richement doté (bâtiments à colonnades, thermes) est construit dans une pente vertigineuse et orienté plein sud, c'est la résidence de Saint Hilaire, évêque des Gabales, il siège au concile de Clermont en 535.
Pour plus de précision sur ce lieu unique : https://halshs.archives-ouvertes.fr/file/index/docid/996328/filename/Schneider_2012_La_Malene.pdf.

 

Vue_Malène.JPG
Vue sur le Tarn


Nous nous dirigeons maintenant vers l'église Saint Jean-Baptiste, elle est édifiée à l'ouest du village, c'est une église romane du XIIè siècle, construite en pierres calcaires elle a conservée sa toiture en lauzes. La Malène a connu à la Révolution française des heures sombres, 21 Malénais allant rejoindre les troupes royales furent arrêtés sur le causse de Sauveterre, incarcérés au château de Florac alors prison, ils furent jugés et condamnés à mort le 11 juin 1793. Le village de la Malène fut ensuite entièrement incendié par les troupes républicaines. Les corps des martyrs du village seront récupérés en 1859 et ramenés à la Malène, ils seront inhumés dans une crypte spécialement crée à cet effet dans l'église.
Dans celle-ci, nous nous arrêtons maintenant devant un tableau restauré au Musée du Louvre, représentant Saint-Jérôme, il est l'oeuvre de Luis Tristan (1586-1624) considéré comme le meilleur élève d'El Greco, ce tableau était dans le grenier de la cure, et a été découvert en mauvais état par Isabelle Darnas au tout début des années 2000.
La visite du village de la Malene s'achève sur cette oeuvre picturale, nous redescendons vers la place du village, la visite a durée deux bonnes heures, et ni les participants ni les commentateurs n'ont vu le temps passé.

 

Participants_Malène.JPG
À gauche : participants ; à droite : Philippe Chambon (haut rouge) et Éric Persegol (haut bleu), guides